04.11.2009
Comic Strip-Tease
Stage Paul Lemploua, un matin absolument glauque de Novembre ...(vent, pluie, le chien trempé boueux qui saute sur la canapé, le chat qui gerbe son petit-déjeuner dans ma chambre, un poil qui me pousse au menton,plus de pastilles pour le lave-vaisselle, une vieille qui me demande de l'aider à porter son panier car l'escalator de la passerelle est en panne et moi je dis "oui bien sûr" et je manque collaber en haut de l'escalier et en plus elle m'a mise en retard cette momie...BREF!!!!)
("automne malade et adoré" qu'il a dit l'autre ...)(ben voyons)
Au début je me demandais bien toutes les trente minutes ce que je foutais dans ce truc mais j’écoutais les histoires d’hommes et de femmes perdus dans la transition de leurs vies et c’était pas mal en fait. Et puis ça les rassure et ça les divertit de voir "que même des gens comme elle" peuvent être de la loose suprême .Et quand je peux aider, je suis toujours là hein ...
Je convertis direct tout en potentiel documentaire en ce moment, ou en texte de je ne sais quoi encore …J'observe, je rêvasse, je me dis tiens je vais mixer ces trois personnages et n'en faire qu'un (bonjour le cas social)
Bref
Je sublime on va dire....
Je me frotte à l’humanité, au dur de dur de la réalité, mais ça me parait moins violent finalement que les rapports dits humains (là je mets les doigts en crochet de chaque côté du mot, comme SuperKounar)…autrement dits destructeur, c’est le propre de l’humain, détruire, casser, je la fais courte, c’est normal…
Alors que je fais de ma vie un chantier et que je n’aime pas qu’on vienne saloper mes allées fraîchement bétonnées …
Mettez les patins avant même d'oser sonner à ma porte!
Dire que j’en bavouille est un doux euphémisme, je me console avec le vieux proverbe « bave, tu pisseras moins »
C’est pas ça ?
Tant pis
J’adapte
Quoiqu’il en soit, je peux prétendre être une femme de dossiers, c’est le moins qu’on puisse dire,et je trouve moyen encore de rigoler des inepties du système, pourtant bien foutu par ailleurs …
Genre : si tu peux pas payer tes loyers on peut monter un dossier FSL mais pour ça faut avoir repris le paiement des loyers …
Ah bon ? Mais justement vu que c’est ça le problème…
Ah bah voui mais c’est comme ça …
Genre : pourquoi ne me relogez vous pas dans un truc à vous moins cher ?
Bah voui mais faut faire une demande
Ben c’est fait
Bah voui mais y a pas d’appartements de libres c'est l'enfer le parc social la vie la mort et l'oeuvre successive des ministères amorphes vous savez de quoi je parle (soupirs suivis de clin d'oeil complice à la "moi aussi je suis de gauche vous savez on peut tout se dire ....) ...faut rester dans le vôtre et demander le FSL
Gnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn……..
Je vais faire comique troupier tiens.
Allez, un peu de cul, faut bien se détendre hein ...
03.11.2009
Deep in November
Inévitablement …les fantômes ont pointé leurs draps.
De ces années là qui n’en finissaient pas.
Deux décennies
Au moins
Il était impensable et pourtant j’y ai cru que je sortirai intacte de ce travail…
Et ce n’est pas terminé
On parlait de la B.O hier
Il y a ce titre de Sylvester
Et Frankie goes to Hollywood
Et Nebraska
Et Philadelphia
J’ai revu le film il y a peu de temps
Ca parait invraisemblable
Et pourtant
Nous étions nombreux à pleurer après la projection
Pendant aussi
Nous nous sommes serrés très forts à la fin
On se serrait souvent très fort
Et même on s’était embrassés sur la bouche un soir à la Cigale, les uns après les autres, et plein de mes amis avaient été choqués
Je sais on faisait fort très fort
Mais face à la mort il faut faire fort

Et puis est venu comme un printemps
Et les petits lapins ont repris la clé des champs
Gambadant dans le Marais
Un vague regain d’insouciance
Factice
La gravité à jamais gravée
Notre génération ne croyait pas si bien dire avec son NO FUTURE, c’est comme si elle avait voulu faire la maligne, avait crié au loup et que le loup en avait profité
Déguisé en hérisson
Avec le recul les frissons…tu te souviens quand on dansait en se refilant le petit flacon ?
Ca puait des pieds ce truc là
Ca faisait battre le cœur
Et puis l’un après l’autre les danseurs sont tombés comme dans ce film sur la Grande Dépression
On pensait ce vendredi là sur les routes normandes que si on les avait tous mis dans le même cimetière ça aurait fait genre Omaha Beach
Plein de croix blanches bien alignées proprettes en rang d’oignon dans d’interminables rangées avec des petits numéros
Il y a eu une guerre
Un front persiste
Russie
Inde
Thaïlande
Afrique
Je me souviens de mon ventre qui grossissait, des petits garçons en construction dedans, et des nouvelles du front d’alors
De la peur
De la panique
Nous avons été courageux
Nous avons du inventer de nouvelles amitiés tant celles d'alors prenaient la tangente
Nous avons du prier parfois nous qui avions oublié de prier
Nous avons dansé dans les cimetières au son des musiques qu’ils aimaient
Nous avons fait le chiffre du bar à côté du Père Lachaise
Alors quand ce jour là, il n’y a pas longtemps, D. nous a donné des nouvelles de tous ces garçons, beaux, brillants, combattants de ces années là, il y a eu du soulagement, il y a eu aussi un grand souffle de désillusion, admettre, oui reconnaître, qu’ils se sont sacrifiés, vraiment sacrifiés, corps et âmes dans cette lutte, et que peu s’en souviennent, mais c’est le sort manifestement de tous les vétérans, de tous les conflits…
Je n’ai pas peur de la mort, mais j’ai peur d’être un fantôme qui viendrait hanter les jours heureux de ceux que j’aime.
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30.10.2009
The end of October -24H00 chrono
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