20.11.2009

Deep in November#Machintoussa

Période lémurienne entamée, je vis au ralenti , tranquille, oulalalalala surtout pas se faire violence, on laisse ce sale boulot aux autres...

Vu Imelda May en live de chez vivant, belle, groupe de délire, parfaite, un Réservoir plein d'amour qui fusait de toutes parts, Imelda forever..

Après Jim Jones Revue, qui nous avait laissé une fois de plus dans les nuages .


Et hier , Yannick Bourg qui dépose un lien sur la page des Strictosses, et met le feu à nos âmes ...Objectif 2010, que ces deux là fassent une tournée de par chez nous .

Bonjour chez vous en attendant


 

 


Ce week-end, festival Treat Me Bad, le Mat des Ouaches aux Combustibles, un tribute Cramps avec les No One, Lofofora et plein d'autres à la Maroquinerie, si mes lombaires veulent bien se la jouer discrète, ce sera un joli ouikène.

09.11.2009

Vendredi 6 Novembre- l'Hiver sera glacial

On pourra penser que c’est disproportionné .Qu’après tout ça ne changera rien à ma vie .

Il y aura toujours un aigri imbécile pour parler de pathos, de nombrilisme…

Et pourtant ce Vendredi ma vie a basculé, parce qu’il y a eu un énorme et violent chagrin, parce que j’ai mis en perspective les jours à venir et fait le décompte ultime des absents, parce que bien sûr les jours heureux, l’île de la Réunion avec Pauline, les K7 envoyées en Chine avec ma chanson dessus, ce lien qui nous avait réunis , l’ange blonde, l’ange blond, et moi, et après, encore une histoire de K7, je les ai là, toutes, on voulait faire des songs ensemble, on se courrait après, lui du soir et moi du matin, fatalement ça se terminait dans des restaurants avec du bordeaux, souvenir d’une soupe préparée par sa fiancée aussi, je crois qu’Axelle était là , je ne sais plus , Axelle avait contribué à nos retrouvailles.

Tellement de respect de tendresse, tellement.

La dernière fois qu’on s’est croisé, à cette soirée tellement moderne, il m’a dit « t’as toujours mon numéro hein, appelle moi, laisse des messages, tu me connais, je réponds jamais tout de suite »

Cette histoire de téléphone…

Cette année là Denis Denis je vivais un peu en enfer, je peux t’en parler, je sais ce que c’est, moins que toi, forcément, ton devoir c’est de me raconter ton paradis, tu y es déjà arrivé, traînant la patte de nuage-bar en nuage-bar, à la bourre comme toujours …

Ta mort a signé la fin d’une de mes vies, impardonnable ce silence qu’on impose parfois aux êtres qu’on prétend aimer. Ta mort repousse encore s’il le fallait les frontières de mon médiocre.

En attendant de te revoir, je quitte le monde, celui qu’on me présente comme tel Notre monde est squatté par des cafards, des taupes, des parasites .Il faut en créer un nouveau, le temps qu’il faut, et si c’est trop difficile, le quitter, à mon tour, sans amertume, en laissant un peu d’ordre derrière moi si possible.

Je quitte un monde où je me sentais bien parce qu’on vient de me montrer la porte d’un geste péremptoire insultant menaçant .Les mondes clos de toutes manières pourrissent et moisissent.

Me revient à l’esprit ce concert au Gibus, vous jouiez faux, vous chantiez faux, vous frimiez comme des rats poseurs, et pourtant, au milieu de tous ces oripeaux punks alentours comme autant d’uniforme, je ne voyais que vous, vous faisiez tâche, Elli portait un jonc en or au poignet, l’élégance absolue, la sobriété, des aristos quoi.

 

 


Jacno, je t’aimais vraiment, d’une infinie tendresse, de celles qui rassurent et durent et jamais ne meurent.

En ce lundi de Novembre, je quitte un monde sale, et médiocre, fait de suceuses et de vampires, pour partir restaurer celui que j’ai laissé en ruine, mettre en état de marche le bataillon de mes chansons mortes, les obus passent de plus en près, je vais tenter d’en éviter quelques uns, du mieux possible, et faire de chaque jour un jour de lumière blanche mais douce.

 

04.11.2009

Comic Strip-Tease

Stage Paul Lemploua, un matin absolument glauque de Novembre ...(vent, pluie, le chien trempé boueux qui saute sur la canapé, le chat qui gerbe son petit-déjeuner dans ma chambre, un poil qui me pousse au menton,plus de pastilles pour le lave-vaisselle, une vieille qui me demande de l'aider à porter son panier car l'escalator de la passerelle est en panne et moi je dis "oui bien sûr" et je manque collaber en haut de l'escalier et en plus elle m'a mise en retard cette momie...BREF!!!!)

("automne malade et adoré" qu'il a dit l'autre ...)(ben voyons)


Au début je me demandais bien toutes les trente minutes ce que je foutais dans ce truc mais j’écoutais les histoires d’hommes et de femmes perdus dans la transition de leurs vies et c’était pas mal en fait. Et puis ça les rassure et ça les divertit de voir "que même des gens comme elle" peuvent être de la loose suprême .Et quand je peux aider, je suis toujours là hein ...

 

Je convertis direct tout en potentiel documentaire en ce moment, ou en texte de je ne sais quoi encore …J'observe, je rêvasse, je me dis tiens je vais mixer ces trois personnages et n'en faire qu'un (bonjour le cas social)

Bref

Je sublime on va dire....

 

Je me frotte à l’humanité, au dur de dur de la réalité, mais ça me parait moins violent finalement que les rapports dits humains (là je mets les doigts en crochet de chaque côté du mot, comme SuperKounar)…autrement dits destructeur, c’est le propre de l’humain, détruire, casser, je la fais courte, c’est normal…

 

Alors que je fais de ma vie un chantier et que je n’aime pas qu’on vienne saloper mes allées fraîchement bétonnées …

Mettez les patins avant même d'oser sonner à ma porte!



 

Dire que j’en bavouille est un doux euphémisme, je me console avec le vieux proverbe « bave, tu pisseras moins »

C’est pas ça ?

Tant pis

J’adapte

 

Quoiqu’il en soit, je peux prétendre être une femme de dossiers, c’est le moins qu’on puisse dire,et je trouve moyen encore de rigoler des inepties du système, pourtant bien foutu par ailleurs …

 

Genre : si tu peux pas payer tes loyers on peut monter un dossier FSL mais pour ça faut avoir repris le paiement des loyers …

 

Ah bon ? Mais justement vu que c’est ça le problème…

Ah bah voui mais c’est comme ça …

 

Genre : pourquoi ne me relogez vous pas dans un truc à vous moins cher ?

Bah voui mais faut faire une demande

Ben c’est fait

Bah voui mais y a pas d’appartements de libres c'est l'enfer le parc social la vie la mort et l'oeuvre successive des ministères amorphes vous savez de quoi je parle (soupirs suivis de clin d'oeil complice à la "moi aussi je suis de gauche vous savez on peut tout se dire ....) ...faut rester dans le vôtre et demander le FSL

 

 

Gnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn……..

 

Je vais faire comique troupier tiens.


Allez, un peu de cul, faut bien se détendre hein ...

 


 

 

 

 

03.11.2009

Deep in November

Inévitablement …les fantômes ont pointé leurs draps.

De ces années là qui n’en finissaient pas.

Deux décennies

Au moins

Il était impensable et pourtant j’y ai cru que je sortirai intacte de ce travail…

Et ce n’est pas terminé

 

On parlait de la B.O hier

Il y a ce titre de Sylvester

Et Frankie goes to Hollywood

Et Nebraska

Et Philadelphia

 

J’ai revu le film il y a peu de temps

Ca parait invraisemblable

Et pourtant

Nous étions nombreux à pleurer après la projection

Pendant aussi

Nous nous sommes serrés très forts à la fin

On se serrait souvent très fort

Et même on s’était embrassés sur la bouche un soir à la Cigale, les uns après les autres, et plein de mes amis avaient été choqués

Je sais on faisait fort très fort

Mais face à la mort il faut faire fort

 

 

pink_portrait.jpg
Clews- mort du sida le 18 octobre 1994, à 30 ans.

 

 

Et puis est venu comme un printemps

Et les petits lapins ont repris la clé des champs

Gambadant dans le Marais

Un vague regain d’insouciance

Factice

La gravité à jamais gravée

 

Notre génération ne croyait pas si bien dire avec son NO FUTURE, c’est comme si elle avait voulu faire la maligne, avait crié au loup et que le loup en avait profité

Déguisé en hérisson

 

Avec le recul les frissons…tu te souviens quand on dansait en se refilant le petit flacon ?

Ca puait des pieds ce truc là

Ca faisait battre le cœur

Et puis l’un après l’autre les danseurs sont tombés comme dans ce film sur la Grande Dépression

On pensait ce vendredi là sur les routes normandes que si on les avait tous mis dans le même cimetière ça aurait fait genre Omaha Beach

Plein de croix blanches bien alignées proprettes en rang d’oignon dans d’interminables rangées avec des petits numéros

 

Il y a eu une guerre

Un front persiste

Russie

Inde

Thaïlande

Afrique

Je me souviens de mon ventre qui grossissait, des petits garçons en construction dedans, et des nouvelles du front d’alors

De la peur

De la panique

 

Nous avons été courageux

Nous avons du inventer de nouvelles amitiés tant celles d'alors prenaient la tangente

Nous avons du prier parfois nous qui avions oublié de prier

Nous avons dansé dans les cimetières au son des musiques qu’ils aimaient

Nous avons fait le chiffre du bar à côté du Père Lachaise

 

Alors quand ce jour là, il n’y a pas longtemps, D. nous a donné des nouvelles de tous ces garçons, beaux, brillants, combattants de ces années là, il y a eu du soulagement, il y a eu aussi un grand souffle de désillusion, admettre, oui reconnaître, qu’ils se sont sacrifiés, vraiment sacrifiés, corps et âmes dans cette lutte, et que peu s’en souviennent, mais c’est le sort manifestement de tous les vétérans, de tous les conflits…

 

Je n’ai pas peur de la mort, mais j’ai peur d’être un fantôme qui viendrait hanter les jours heureux de ceux que j’aime.

 

 

 

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