03.11.2009
Deep in November
Inévitablement …les fantômes ont pointé leurs draps.
De ces années là qui n’en finissaient pas.
Deux décennies
Au moins
Il était impensable et pourtant j’y ai cru que je sortirai intacte de ce travail…
Et ce n’est pas terminé
On parlait de la B.O hier
Il y a ce titre de Sylvester
Et Frankie goes to Hollywood
Et Nebraska
Et Philadelphia
J’ai revu le film il y a peu de temps
Ca parait invraisemblable
Et pourtant
Nous étions nombreux à pleurer après la projection
Pendant aussi
Nous nous sommes serrés très forts à la fin
On se serrait souvent très fort
Et même on s’était embrassés sur la bouche un soir à la Cigale, les uns après les autres, et plein de mes amis avaient été choqués
Je sais on faisait fort très fort
Mais face à la mort il faut faire fort

Et puis est venu comme un printemps
Et les petits lapins ont repris la clé des champs
Gambadant dans le Marais
Un vague regain d’insouciance
Factice
La gravité à jamais gravée
Notre génération ne croyait pas si bien dire avec son NO FUTURE, c’est comme si elle avait voulu faire la maligne, avait crié au loup et que le loup en avait profité
Déguisé en hérisson
Avec le recul les frissons…tu te souviens quand on dansait en se refilant le petit flacon ?
Ca puait des pieds ce truc là
Ca faisait battre le cœur
Et puis l’un après l’autre les danseurs sont tombés comme dans ce film sur la Grande Dépression
On pensait ce vendredi là sur les routes normandes que si on les avait tous mis dans le même cimetière ça aurait fait genre Omaha Beach
Plein de croix blanches bien alignées proprettes en rang d’oignon dans d’interminables rangées avec des petits numéros
Il y a eu une guerre
Un front persiste
Russie
Inde
Thaïlande
Afrique
Je me souviens de mon ventre qui grossissait, des petits garçons en construction dedans, et des nouvelles du front d’alors
De la peur
De la panique
Nous avons été courageux
Nous avons du inventer de nouvelles amitiés tant celles d'alors prenaient la tangente
Nous avons du prier parfois nous qui avions oublié de prier
Nous avons dansé dans les cimetières au son des musiques qu’ils aimaient
Nous avons fait le chiffre du bar à côté du Père Lachaise
Alors quand ce jour là, il n’y a pas longtemps, D. nous a donné des nouvelles de tous ces garçons, beaux, brillants, combattants de ces années là, il y a eu du soulagement, il y a eu aussi un grand souffle de désillusion, admettre, oui reconnaître, qu’ils se sont sacrifiés, vraiment sacrifiés, corps et âmes dans cette lutte, et que peu s’en souviennent, mais c’est le sort manifestement de tous les vétérans, de tous les conflits…
Je n’ai pas peur de la mort, mais j’ai peur d’être un fantôme qui viendrait hanter les jours heureux de ceux que j’aime.
08:56 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

Commentaires
Ne t'inquiète pas, les fantômes d'amours sont doux, toujours.
Baisers.
Ecrit par : Sophie K. | 03.11.2009
Répondre à ce commentaireJe l'ai déjà faite mais je la replace tellemment elle est bonne:
JE SUIS D'EXTREME OUATE
Ecrit par : Graziella | 04.11.2009
Répondre à ce commentaireEXTREME OUATE………
Celle là c'est ma préférée et de loin, je l'ai en vinyl, en CD, en blou-raie et je vais ptet' te commander le DVD en import.
Homme qui rit : toujours çà de pris
Ecrit par : zan | 04.11.2009
Répondre à ce commentaireTu as raison Zan (zonzaine et zonzan)
FAUT WIGOULER
Ecrit par : Graziella | 04.11.2009
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