03.11.2009

Deep in November

Inévitablement …les fantômes ont pointé leurs draps.

De ces années là qui n’en finissaient pas.

Deux décennies

Au moins

Il était impensable et pourtant j’y ai cru que je sortirai intacte de ce travail…

Et ce n’est pas terminé

 

On parlait de la B.O hier

Il y a ce titre de Sylvester

Et Frankie goes to Hollywood

Et Nebraska

Et Philadelphia

 

J’ai revu le film il y a peu de temps

Ca parait invraisemblable

Et pourtant

Nous étions nombreux à pleurer après la projection

Pendant aussi

Nous nous sommes serrés très forts à la fin

On se serrait souvent très fort

Et même on s’était embrassés sur la bouche un soir à la Cigale, les uns après les autres, et plein de mes amis avaient été choqués

Je sais on faisait fort très fort

Mais face à la mort il faut faire fort

 

 

pink_portrait.jpg
Clews- mort du sida le 18 octobre 1994, à 30 ans.

 

 

Et puis est venu comme un printemps

Et les petits lapins ont repris la clé des champs

Gambadant dans le Marais

Un vague regain d’insouciance

Factice

La gravité à jamais gravée

 

Notre génération ne croyait pas si bien dire avec son NO FUTURE, c’est comme si elle avait voulu faire la maligne, avait crié au loup et que le loup en avait profité

Déguisé en hérisson

 

Avec le recul les frissons…tu te souviens quand on dansait en se refilant le petit flacon ?

Ca puait des pieds ce truc là

Ca faisait battre le cœur

Et puis l’un après l’autre les danseurs sont tombés comme dans ce film sur la Grande Dépression

On pensait ce vendredi là sur les routes normandes que si on les avait tous mis dans le même cimetière ça aurait fait genre Omaha Beach

Plein de croix blanches bien alignées proprettes en rang d’oignon dans d’interminables rangées avec des petits numéros

 

Il y a eu une guerre

Un front persiste

Russie

Inde

Thaïlande

Afrique

Je me souviens de mon ventre qui grossissait, des petits garçons en construction dedans, et des nouvelles du front d’alors

De la peur

De la panique

 

Nous avons été courageux

Nous avons du inventer de nouvelles amitiés tant celles d'alors prenaient la tangente

Nous avons du prier parfois nous qui avions oublié de prier

Nous avons dansé dans les cimetières au son des musiques qu’ils aimaient

Nous avons fait le chiffre du bar à côté du Père Lachaise

 

Alors quand ce jour là, il n’y a pas longtemps, D. nous a donné des nouvelles de tous ces garçons, beaux, brillants, combattants de ces années là, il y a eu du soulagement, il y a eu aussi un grand souffle de désillusion, admettre, oui reconnaître, qu’ils se sont sacrifiés, vraiment sacrifiés, corps et âmes dans cette lutte, et que peu s’en souviennent, mais c’est le sort manifestement de tous les vétérans, de tous les conflits…

 

Je n’ai pas peur de la mort, mais j’ai peur d’être un fantôme qui viendrait hanter les jours heureux de ceux que j’aime.

 

 

 

Commentaires

Ne t'inquiète pas, les fantômes d'amours sont doux, toujours.
Baisers.

Ecrit par : Sophie K. | 03.11.2009

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Je l'ai déjà faite mais je la replace tellemment elle est bonne:
JE SUIS D'EXTREME OUATE

Ecrit par : Graziella | 04.11.2009

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EXTREME OUATE………
Celle là c'est ma préférée et de loin, je l'ai en vinyl, en CD, en blou-raie et je vais ptet' te commander le DVD en import.
Homme qui rit : toujours çà de pris

Ecrit par : zan | 04.11.2009

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Tu as raison Zan (zonzaine et zonzan)
FAUT WIGOULER

Ecrit par : Graziella | 04.11.2009

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