31.10.2008

Manuel de gestion de crise #11

Elle m’a dit c’est à cette adresse, je connaissais le coin, le restaurant coréen sur la place, le restaurant indien dont on m’a dit du bien, j’ai voulu rouler dans Paris, un Jeudi soir sous la pluie fine et grasse, ou bien ce sont nos essuie-glaces qui défaillent, le pare-brise embué, conduite à l’instinct presque sans visibilité, comme un commando de l’extrême, la voiture commandait, c’était elle la chef, elle a tourné à droite après le petit pont, elle est passée devant le marché au poisson, on a rejoint la rue de la Convention, je souriais, c’était un moment de grâce,habité de tous ces possibles et ses feux d’avant, du temps où mon imagination fut victime d’une grosse défaillance mécanique, puisqu’elle fut bien incapable de concevoir la suite et la fin.

Mon petit scénariste intégré, quel manque de prescience, quel aveuglement soudain, comment as-tu pu me faire ça.

Je regardais ces femmes dont je faisais la connaissance hier soir, belles et drôles,je suis fascinée par l’intelligence irradiante, je n’ai pas su répondre quand on m’a demandé et toi tu fais quoi, c’est tellement compliqué, j’ai écouté l’ami son parcours du combattant que rien n’altère, j’ai regardé S. ,parfois je me sens toute petite fille auprès d’elle, elle m’y autorise,j’étais décalquée par cette substance absorbée vers 14HOO, j’aurai aimé dormir, arriver fraîche et tonique, je n’ai pas pu, j’insomnise même ma sieste je n’ai pas bu d’alcool juste du lassi salé, je me sentais en coton brut, je me demandais si je pourrai rentrer, je me sentais loin de tout et de moi surtout, ça arrive parfois, on se désynchronise, les ondes sautent ça ne capte plus, j’ai lu la fin du livre d’Angot en rentrant, je me dis il faut finir ce qu’on a commencé, ça ne veut pas dire achever, aller au bout, savoir finir mettre un point final, j’ai fini ce livre et je suis revenue machinalement à une page vers le début, elle dit qu’elle doit être amoureuse pour baiser, elle écrit que certains actes sexuels lui rappellent son père …(avec des points de suspensions) , je me suis levée j’ai posé le livre sur une étagère, j’ai bu du cranberry j’avais une soif de touareg, j’ai regardé l’heure, dans 9 heures et quarante cinq minutes il aura 20 ans.

 

Je l’ai réveillé, je l’ai serré dans mes bras, il est ému, je lui embrasse la joue le cou, je vais lui préparer sa soirée, il est joyeux heureux aussi .Et j’irai dormir chez des amis. Un jour de Novembre une pluie noire s‘est abattue sur moi, un jour de Novembre un soleil inconnu se lèvera je serais la première toujours levée la première, à le voir se lever ce soleil, je saurai un jour pourquoi j‘aime à ce point ce mois de Novembre malgré tout, peut être demain…


30.10.2008

Dépôt de bilan


Oh ma très chère Emily, je sais que ton mari est parti…

Il m’a donné cette explication qui vaut ce qu’elle vaut avant-hier. Ceux qui avaient 20 ans en ont 40, ils veulent retrouver leurs 20 ans, ils sont aux manettes aux commandes, ceci explique cela.Peut-être .Quoiqu’il en soit le fameux « c’est maintenant » de Mardi matin est à prendre ou à laisser. Les propositions affluent, je voudrais passer à autre chose, mai on me demande de « ré-habiliter », « ré-habiter ». Alors je ré-écoute .J’essaye de comprendre pourquoi j’ai détesté à ce point ce clip alors que j’aimais à ce point la chanson

Le passé est en Ré

Oui c’est Tom qui me l’a dit…

Je venais d’accoucher, quinze jours avant, un mois peut-être. Je voulais travailler encore avec Collard, et Virgin s’y est opposé, on m’a proposé plein de gens, d’autres ont refusé de travailler avec moi, et il y a eu ce garçon qui était un pote des Garçons Bouchers, des Bérurier Noir, ça me suffisait,j’ai fini par l’imposer, juste parce qu’il avait ce besoin, cette envie, cette nécessité de bosser. Le projet d’emmener avec moi BBH au Havre au cœur de l’hiver avait été annulé, je l’avais laissé chez les parents de son père .BBH me manquait.

Et les gens ont enfin compris que l’été est bien fini…

On m’avait déguisée pour les besoins du scénario en "FantoMouette mazoutée" .Les acteurs étaient géniaux .J’en conviens .Pinon et Mayette entre autres .Une débauche d’effets spéciaux et de pyrotechnie L’accablement visible des chefs de produits et DA présents sur le tournage .Je devais lutter contre les montées de lait .On me filait un truc qui me rendait malade.

Mais tu sais bien Emily moi aussi j’ai mes soucis

J’avais froid .Je me demandais comment BBH allait supporter la séparation. Je la vivais très mal. Très. Je l’ai d’ailleurs retrouvé en sale état, avec cette tête de vieux des bébés abandonniques,sans appétit. On ne s’étonnera pas qu’après j’ai pu décidé que rien ne m’éloignerait plus de lui,d’eux.

Et j’écoute, j’aime ce texte, et pour le coup j’aime l’atmosphère générale, je sais que Marc et moi à ce moment là on pensait Springsteen, Tison, le guitariste de l’album est mort depuis, je sais que cette année là fut une année de plomb, que tout le monde pensait qu’on était heureux,alors que s’installait en vérité les premiers signes de cette immense douleur qui nous happerait tout au long des années 90, le mur allait tomber, mes amis aussi, mon père avait ressurgit, et moi j’écrivais que je ne savais pas ce que je ferais si mon mari partait, en filigrane, j’ai su beaucoup plus tard, je me disais qu’écrire exorciserait, je me trompais, je me disais aussi que je retournerai un jour à Jersey, je n’y suis finalement pas retournée, je ne dois pas me retourner me dit-on, sans cesse sur le passé, et pourtant ce passé existe, il est là, il me fait, ce passé m’a composée plus que je ne l’ai composé, en ce temps là j’avançais sans jamais réfléchir, dans l’urgence, puisqu’il semblait soudain qu’il y avait urgence, que nos jours étaient comptés.

Toi tu es forte et ça se voit… [bien sûr]

 

A Tom, Paul, Emily, les enfants…mes petits personnages imaginaires pas tant que ça…

Et à Thierry qui m’a dit « qu’il y a du Raymond Carver là dedans »

Y a que les crevards qui me comprennent en fait. [mode calimero ON]

29.10.2008

Histoire de l'Art et des Cochons de l'Espace

Quand tu vas trainer ta loose à la FIAC, que tu te fends de tes 25 minutes en métro sur la ligne 8, que tu es une grande fille, tu sais à peu près à quoi t'attendre, de l'extrème bouzasse genre macramé vernis  au truc improbable et "délirant" que ta fille pourrait faire pareil sauf qu'elle le fait pas cette petite conne sinon tu serais en WE à Saint-Barth pour Halloween vu le prix sur le marché de l'improbable en question . Quoiqu'il en soit tu arpentes les allées avec ton petit badge trop frime qu'on t'a offert parce que tu le vaux bien, tu te dis putain sont trop forts, tu aimes tu aimes pas,tu restes figée ou tu détournes le regard, mais jamais au grand jamais ne te viendrait à l'idée d'aller cafter auprès des keufs au nom de "si jamais ma gamine traine par là et qu'elle voit Nounours se faire enculer par un gros Tchétchène c'est pas possible je porte plainte direct au nom de Marie Vierge (mon cul) et du Tout Puissant Saint des Corbaks"

 

Parce que voilà , c'est comme ça maintenant, au nom de l'espace public et malgré la présomption d'appartenir à un public averti, tu peux plus fumer,tu ne peux plus avoir accès qu'à ce qu'on décide pour toi qu'il est bon pour toi, on t'encapote avant même que tu n'ai eu le sentiment de t'être fait baisé, on va dire à tes gosses mate la foune de l'origine du monde qui s'écroule CA C'EST DE L'ART, mais Nounours au prise avec un performer C'EST PAS DE L'ART.

 

En clair on décide pour toi, encore une fois, sans plus d'explication, tu as fait le voyage en treum pour rien, tu es grosjean comme devant face aux oeuvres absentes en garde à vue au commissariat, tu t'es maquillée comme une voiture à la revente en pays de l'Est pour rien, tu penses que c'est bientôt Noël alors tu fais le coup du lapin à ton écureuil et tu achètes un vase Ming en canevas pour ta vieille mère, ça lui rappellera l'Indochine, tous les trucs bridés se ressemblent, et l'art ne ressemblera bientôt plus à rien de toute manière, on va sans doute choisir aussi pour les peintres , à l'eau, à l'huile, la peinture qu'ils devront utiliser (des fois qu'il y ait des vapeurs toxiques), en revanche Hitler fait un carton, mais sur ce coup là on admet sans rechigner...

Bon je vais faire un petit tour dans l'espace extrème , chez SYSTAIME, une forme de maquis, ça m'aèrera les bronches tiens...

Manuel de gestion de crise #10

Et maintenant il reste des boites. Dépareillées. Pleines chacune de scories diverses .Celle là, des DAT. Qui possède encore un lecteur de DAT?

Au studio on me dit pas de problème on te transfère tout ça …

Quel intérêt finalement hein. Je jette. Des lettres .Celles des trois enfants multipliées par autant de classes vertes et séjours linguistiques variés. Je mange bien je dors bien on s’est bien amusé et demain on fait une veillée. Est-ce que le cochon d’inde va bien (ou le chat, c’est selon)

Ca c’est plus difficile à liquider j‘avoue. Alors je fais des petits tas .H, B, P, et je les leur donnerai. Ils en feront ce qu’ils voudront.

Les photos.

Il y en a tellement .On faisait développer, sans choisir, on prenait tout, les floues, les mal cadrées, les sourires et les mines boudeuses. Faire le partage aussi. Avec le recul je me dis qu’on était plutôt beaux gosses les deux là avec nos nains.

Les lettres des amis, des rencontres, des amours, des disparus. Celle de Philippe qui me souhaite une bonne année. Je ne peux pas jeter. J’ordonne, chronologie. Va falloir acheter une ou deux boites rouges de plus je le sens.

Une boite entière dédiée à mon père. Les lettres des Aurès, de Siddi bel- Abbes. Les cachets de censure. Les tribunaux. Les Baumettes. Les photos. Encore des photos. Bogosse mais pas mon genre mon paternel.

Objectif, qu’il ne reste que six boites, huit maximum, assorties au décor ambiant. La petite touche déco discrète au milieu de ces tonalités de brun de taupe et de lin .Comme je me la joue sur ce coup là. Ce n’est absolument pas raccord ici .Pas grave.

 

Vendredi passe une association pour handicapés qui collecte les vêtements dont on ne veut plus. Mais qu’on doit livrer propres « par respect ».

Préparer les vieilles fringues. J’y vais à la pelleteuse. Je me fiche des fringues. J’ai quelques trucs fétiches, je porte jusqu’à l’usure.

J’ai mis le chat au régime et au sport .Juste pour voir quel effet ça fait d’imposer à un être vivant l’horrible restriction .Il râle .Il mincit et joue à la baballe .Il est d’un maniaque cela dit .Tourne autour de sa caisse en miaulant y a des crottes j’aime pas .Prince des Matous. Le chien lui manque je crois, il fouinasse…il le cherche…il s’aime bien ces deux cons finalement.

Le clebs est en classe verte chez sa nounou, j’attends sa carte postale. "Je mange bien je chie bien je dors bien je joue bien avec Charlie le Caniche..."

Je me demande bien ce qui m’a pris de me coltiner du mammifère supplémentaire. Et puis le soir quand le greffier vient se coller à mon visage en pompant mes mohairs et qu’il me fait des bisous quand le lui dis « bisou » je comprends mieux .Enfin j’y trouve mon compte on va dire. Toujours été douée pour me générer des emmerdes moi. Au nom d’un bisou. Agagaga-gaga

Hier ces longues conversations au téléphone celle du soir qui devient comme un rituel, un essentiel, celle qui me porte au lendemain,et les autres, les projets, ma circonspection parfois ,genre "que me veut-on" , mon enthousiasme aussi, pourquoi pas finalement, et si c‘était vrai hein…L’appel plein de joie de vivre contagieuse du vendeur de DVD, avec lequel maintenant je parle de grands classiques, petit homme simple, petit lutin tronche de troll irlandais,on évite l’ironie, le cynisme, juste partage et passion retrouvée pour les perles hollywoodiennes tout ça pour les 20 ans du fils, 20 ans dans deux jours, on fera modeste mais ciblé, on fera dans le transgénérationnel à 9 euros, mais on fera.

La perspective du dîner indien de demain, je me fais une joie de ces retrouvailles, ce mois ci est marqué par la joie des retrouvailles qui me disent tout qui vaille. J’ai un cahier moleskine je tiens un journal de bord j’essaye de rester concentrée je ne peux rien dire encore je sais que c’est maintenant mais pas « maintenant ou jamais » à corrigé Stéphane hier. C’est maintenant, c’est tout.

Cette semaine sera aussi rayons X, cette semaine on avance sur la prise de décision, on y va à fond ou pas, et puis on me dit chaque vaccin déclenche une réaction auto-immune, faut voir pour celui de la grippe, ça tâtonne j’aime bien, on parle, on se documente, et je pense très fort à l’ami d’ailleurs qui prend sa gélule au goûter,vive la science moderne, à mort ceux qui se croient immortels, on fait juste rallonge nous, on se la pète pas.

Ma mère qui rêve d’aller à Saigon et à Petra et de faire un détour par Jérusalem, va falloir que je fasse dans le mainstream sinon je crains qu’elle n’emporte ses rêves avec elle six feet under et ça me ferait chier,pour me consoler je me dis qu’elle a vu le pays des cèdres du temps où les orangers fleurissaient sur les collines, qu’elle a vu le Mékong , les champs de …mines…et dieu qu’elle était belle dans sa tenue d’ambulancière, Ava Gardner tu peux aller te rhabiller.

Mon fils aîné est élégant .Il me prévient quand il ne rentre pas pour dîner. Je trouve ça très classe. La petite prépare Halloween chez ses grands-parents, avec ses cousines chéries, je déteste cette simple idée qu’elles aillent sonner aux portes du village , je déteste cette fête des momies et des zombies, mais elles aiment ça elles, alors bon… moi je me ferai citrouille ce soir là, puisque ce soir là mon fils aura 20 ans, et que je raserai les murs pour ne pas qu’on voit mes yeux rougis… je dois admettre que quelque chose est à jamais fêlé dans ma petite tribu, ils seront éparpillés une fois de plus ce soir là, alors je me dis que les dates ne sont pas si importantes que ça.

Je mets cette chanson,ça va faire un gros paté noir, je ne me souviens plus de la manip pour en faire un tout petit paté discret, c'est la vie...

 

 

28.10.2008

Manuel de gestion de crise #9

Canal Street Blues

Je ne savais pas que j’avais tous ces John Lee Hooker dans mes cartons

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Tu sens bien quand ça sonne faux, tu fais l’innocente, celle sur qui ça glisse, tu parles de tout de rien, tu sens bien la malaise, alors tu mets à l’aise, c’est ça sûrement être généreux, mettre à l’aise, après tout l’écrivain a dit que tant que tu n’as pas la preuve de la mauvaise foi tu dois supposer que l’autre dit vrai,sinon tu ne t’en sors pas.

Les blindages sont épais, je sais la violence de l’expulsion, de l’urgence à rassembler ses effets, de ce sentiment de menace physique qui te fait dormir à l’hôtel, je sais ce que ça fait d’être réduite à l’état de corps étranger, qu’il faut carboniser, je sais ce que ça fait quand on t’annule te raye quand on te mets une croix sur la gueule une estampille exit poubelle dégage fais place ne laisse rien derrière toi. Quand tu sais tu peux rassurer, donner des conseils, humblement,chaque situation restant singulière malgré les ressemblances.

J’ai une peur bleue de l’expulsion, de l’arrivée à l’aube un matin d’un camion, j’aime l’hiver qui protège, je me souviens, c’est en lisant V., ça m’est revenue, cette femme dehors sur le trottoir avec la cage de son cochon d’Inde, et puis ceux des cyclones, expulsés par la misère, ceux des tremblements de terre, ceux des vagues géantes, ceux qui survivent, ceux de la guerre, ceux des frontières. J’ai l’air conne avec mes peurs enfantines. Finalement.

Je ne pleure plus le matin,depuis longtemps en fait .Ca peut éventuellement rassurer l’homme qui me disait qu’il espérait qu’il en serait de même pour sa femme. Un jour on ne pleure plus .Un jour on devient sec .Un jour on devient froid .Un jour on devient étranger mais ce jour là on se sent heureux de l’être .Circulez plus rien à voir. Un jour non se rend compte qu’on tient sur la paroi sans être encordé. A la seule force de nos seuls muscles.

J’ai fait ce rêve enfant, j’avais onze ans précisément je tuais un homme et j’allais en prison .Je me souviens du bagne, cette visite ,ce jour où j’ai refusé de manger du singe,le bateau, les requins, on me disait il y en a plein, je ne les ai pas vus, on m’en a parlé beaucoup de ces requins qui empêchaient toute tentative d‘évasion , cette impression de déjà vu, je me suis dit c’est Papillon, ce doit être ça, le film, et puis l’étau dans la poitrine, l’étouffement, l’oppression, pourtant, le plein air, pas de claustro, j’étais déjà venue sûrement, on m’avait raconté, ou j’avais entendu.

Je ne pleure plus, je me marre tout le temps, je sais comment détourner l’attention de la lassitude, je sais étayer quand je flanche. Dimanche j’ai bu du porto avec un inconnu qui bien sûr depuis ne l'est plus, j’ai chancelé un peu dans la rue des Lombards, l’alcool à jeun même en quantité raisonnable ça me file direct comme un syndrome cérébelleux, vertiges. Du coup hérétique à mort coca-light sur os à mœlle et une damnation en dessert avec une tonne de chocolat fondu, c’était très équilibré ,j‘en conviens. J’ai pu prendre au cours de ce long déjeuner en terrasse des nouvelles de tellement de gens que tout s’embrouille s’emmêle depuis, une constante cependant, ce que la dope fait des anges du bitume, pas de name-dropping, tout cela est trop bien trop intime.

Whiskey an würmien

1960

J’ai vu les images de l’Italie, la grande manifestation de gauche, le rassemblement dans la ville de Benito, j’ai pensé à mon père, papa salvami, je me suis dit il devait avoir l’air malin s’il portait ce petit chapeau à pompon mais je me suis dit aussi que ses derniers mots au téléphone c’était "dis moi qui est ce garçon, tu n’es pas mariée c’est pas bien, il est correct au moins, sinon je lui casse la gueule", avec l'accent de Marcello,une voix et plus jamais plus rien...

MDR

T’inquiète daron mio, je me débrouille très bien toute seule finalement. Heureusement que je ne t'ai pas attendu.

J’ai encore beaucoup de tri à faire, je le fais par vagues successives,j’épure, épuration, hier soir l’homme sage m’a encouragée, vivement, restez sur votre ligne, c’est la bonne,quand vous en parlez vous brûlez, vous êtes pleine d’une assurance que vous ne soupçonnez même pas, je vous le dis, vous avez raison, vous êtes en accord avec votre raison et n’écoutez pas ceux qui viendront vous dire « vous êtes déraisonnable ». Mais gardez cette humilité, ce n’est pas péjoratif d’être humble, il faut en être fière au contraire. Ca n’a rien à voir avec la fausse modestie, rien.

Ce matin le flot le vrac des nouvelles du monde, compressé,va extraire dans tout ça l’essentiel, dans ce fatras, dans cette panique…j’apprends que RSS veut dire autre chose ailleurs …une fois de plus menaces sur Obama…deux médecins aux assises pour négligences coupables…il y aurait une justice?

Je me suis remise au piano.

Allegro ma non troppo

Hésitante,concentrée ,it's cold in the morning...

 

27.10.2008

La crise sera notre dernière chance.#17

 

MEZZO

 

Ritalie.jpg
(Sce N.Obs)
..........

26.10.2008

Un peu de réclame

25.10.2008

Manuel de gestion de crise #8

Je cherchais à l'instant un N° de compte sur une boite aux lettres , mon N° sur une compagnie aérienne, je veux aller quelque part au loin voir des amis, je tombe sur un mail d'un ami qui n'a pas pigé manifestement que je n'ouvre plus ou rarement ce truc là, il laisse un lien, un "blog", un journal , que je dévore comme une malade au lieu de m'occuper de mon billet et à mon tour je laisse ce lien et cet extrait qui n'est absolument pas d'ailleurs le reflet du contenu, juste éventuellement si nécessaire petite preuve additionnelle de l'humour, de la vivacité, de la lucidité du taulier...

 

"2. A faire valoir la liberté d'expression.

Vous viendrait-il à l'idée de sauter sur un type dans la rue en lui disant que son T-shirt est immonde, que ses pompes à chier et son futal ringard ? Non. Mais sur le net, c'est une démarche courante. Car lorsque machin dit quelque chose avec lequel l'internaute n'est pas d'accord, quand l'internaute regarde la télé, il l'éteint. Mais si c'est sur le net, il se fend d'un petit commentaire : car il est impensable que le MONDE ne sache pas que lui,
troudbalman@moncul.net pense autrement ! Soudainement, l'avis des autres, quand il est différent, devient intolérable. On conseille aux fans de la liberté d'expression d'ouvrir leur propre blog au lieu de faire chier les autres sur le leur."

J'aime bien quand les miroirs font réfléchir plutôt que simplement reflètent disait le poète.

Je ne pars pas ce soir alors...

La crise sera notre dernière chance.#16

C'est de ma faute...j'ai failli m'acheter une Twingo truffée d'options avec boite automatique et puis j'ai renoncé en me disant qu'une carte Navigo me coûterait moins cher...BEN VOILA J'AI PLANTE L'ECONOMIE REELLE DES VOITURES FRANCAISES ET J'AI TROP HONTE!!!!

(Nissan c'est pas ma faute)(je précise quand même)(faut arrêter de tout me mettre sur le dos)(même quand j'ai rien à me mettre)

Et puis je suis triste à cause d'un homme que je connais pas,je redeviens perméable j'aime pas ça, ce professeur mis en garde en vue, un homme blessé, victime d'un de ces atroces délateurs, ceux qui ne peuvent ignorer quelles seront les conséquences de leurs déclarations, sinon ils ne se feraient pas chier à en faire, même fausses, même diffamatoires, même criminelles...fort heureusement il y a des flics, des juges, à qui ont ne la fait pas...parfois c'est trop tard, parfois non...

La crise sera notre dernière chance.#15

L’aveu déconcertant du président au sujet des temps rudes à venir me laisse pantoise, ambiance « dis moi pas que c’est pas vrai on va tous morfler? » (On s’en doutait pas là dis donc) On évoquait hier de cette ministre qui parle « caprices » quand on lui parle « suicides en prison ». Et dire qu’elle va être mère…

On va se battre les gars les filles il nous dit en subliminal, tous ensemble tout est possible...de jour en jour autour de moi on me parle budgets supprimés, recrutements annulés, mise en faillite de PME, exemples à l’appui, en ce qui concerne ma petite entreprise c’est ambiance restrictions, mais on sait où trouver des patates en soldes, on organise la survie, et puis le chat engraisse et sera mûr pour Noël.

La crise, ce joli prétexte… en son nom, que vont-ils encore inventer… moi je serais la crise je me méfierai, je ferai jouer le droit à la propriété intellectuelle, je refuserai qu’on se serve de moi pour encore plus…

Je peux faire la différence enfin entre user son énergie à combattre le néant comme je l’ai fait l’an dernier au risque d’y perdre tout ce qui me restait de courage et de volonté, et en user pour affronter le réel, le concret, le vrai de vrai. Ça n’a rien à voir, au moins chaque jour t’apporte une petite victoire, et puis chaque petite victoire régénère cette pile endormie au bord de l’usure, et je peux évaluer que cette batterie se recharge à l’aune de ma capacité retrouvée à générer du bien-être,de l’amour, de la confiance, en moi, dans les autres, à m’amuser d’un rien, à user de ma liberté comme d’une ration alimentaire à répartir avec intelligence et rigueur, qu’on savoure bouchée après bouchée.

Elle me dit souvent « tu redeviens compacte, ça se voit, je te trouve tellement différente, comme si la petite flamme d’un coup s’était ravivée » .Chaque jour ou presque on se parle au téléphone, elle sait, quelque chose de l’ordre de la magie, de l’inattendu sinon de l’inespéré, comment on passe de l’empathie difficile à entretenir de la relation virtuelle à cet impression inouïe de se connaître depuis notre naissance, de n’avoir rien besoin d’expliquer. Doucement, l'équilibre...

Buster.jpg

 

Et puis l’arrivée dans ma vie de cette belle indifférence qui me porte, indifférence à la notion d’échec, mise au rancard d’un passé inutile, désencombrement des affects parasites, oui Président, je suis bien d’accord, ensemble tout est possible, c’est cela oui, indifférence nécessaire, pour que puisse éclore cette merveille, la réconciliation avec mes forces vives, savourer mes petits bénéfices secondaires, une forme d’euphorie douce, créative, le plaisir à faire, quoique je fasse, pouvoir grignoter un carré de chocolat sans qu’un diable sorte de la boite, il faut avoir séjourné en enfer pour reconnaitre ce qu'est le paradis, pouvoir faire un dîner de roi un soir, et des sandwiches le lendemain, pouvoir lire vautrée contre le chat le chien , dire non quand c’est non, oui quand c’est oui, concéder malgré tout bien souvent, tenir sa place, assumer les contraintes les devoirs car les enfants quoiqu’on en dise tant qu’ils sont encore dépendants et bien on leur doit en échange de les sécuriser, jusqu’à ce qu’ils sachent vraiment voler dans des cieux leur appartenant, et puis les écouter, me transmettre à leur tour, leur culture, leurs envies, et des phrases extraites de leurs cours de philosophie

 

"Dans l’amour des femmes, Nietzsche a vu un problème insurmontable, alors que c’était sans doute la solution". [Botul]

Tu as deux heures pour me rendre ta copie.

 

 

 

 

 

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