31.10.2008
Manuel de gestion de crise #11
Elle m’a dit c’est à cette adresse, je connaissais le coin, le restaurant coréen sur la place, le restaurant indien dont on m’a dit du bien, j’ai voulu rouler dans Paris, un Jeudi soir sous la pluie fine et grasse, ou bien ce sont nos essuie-glaces qui défaillent, le pare-brise embué, conduite à l’instinct presque sans visibilité, comme un commando de l’extrême, la voiture commandait, c’était elle la chef, elle a tourné à droite après le petit pont, elle est passée devant le marché au poisson, on a rejoint la rue de la Convention, je souriais, c’était un moment de grâce,habité de tous ces possibles et ses feux d’avant, du temps où mon imagination fut victime d’une grosse défaillance mécanique, puisqu’elle fut bien incapable de concevoir la suite et la fin.
Mon petit scénariste intégré, quel manque de prescience, quel aveuglement soudain, comment as-tu pu me faire ça.
Je regardais ces femmes dont je faisais la connaissance hier soir, belles et drôles,je suis fascinée par l’intelligence irradiante, je n’ai pas su répondre quand on m’a demandé et toi tu fais quoi, c’est tellement compliqué, j’ai écouté l’ami son parcours du combattant que rien n’altère, j’ai regardé S. ,parfois je me sens toute petite fille auprès d’elle, elle m’y autorise,j’étais décalquée par cette substance absorbée vers 14HOO, j’aurai aimé dormir, arriver fraîche et tonique, je n’ai pas pu, j’insomnise même ma sieste je n’ai pas bu d’alcool juste du lassi salé, je me sentais en coton brut, je me demandais si je pourrai rentrer, je me sentais loin de tout et de moi surtout, ça arrive parfois, on se désynchronise, les ondes sautent ça ne capte plus, j’ai lu la fin du livre d’Angot en rentrant, je me dis il faut finir ce qu’on a commencé, ça ne veut pas dire achever, aller au bout, savoir finir mettre un point final, j’ai fini ce livre et je suis revenue machinalement à une page vers le début, elle dit qu’elle doit être amoureuse pour baiser, elle écrit que certains actes sexuels lui rappellent son père …(avec des points de suspensions) , je me suis levée j’ai posé le livre sur une étagère, j’ai bu du cranberry j’avais une soif de touareg, j’ai regardé l’heure, dans 9 heures et quarante cinq minutes il aura 20 ans.
Je l’ai réveillé, je l’ai serré dans mes bras, il est ému, je lui embrasse la joue le cou, je vais lui préparer sa soirée, il est joyeux heureux aussi .Et j’irai dormir chez des amis. Un jour de Novembre une pluie noire s‘est abattue sur moi, un jour de Novembre un soleil inconnu se lèvera je serais la première toujours levée la première, à le voir se lever ce soleil, je saurai un jour pourquoi j‘aime à ce point ce mois de Novembre malgré tout, peut être demain…
07:50 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

Commentaires
C'est un beau matin ici, il est tombé cette nuit juste ce qu'il faut de pluie pour que bitume brille et maintenant y'a ce joli sun coquin qui vient poser son doux mouchoir en rayons pour éponger le petit mouillé faussement chagrin des trottoirs. Et puis là-bas, dans la distance, y'a la montagne qui est belle sur le tableau tout blue du ciel. Ce bel instant d'ici, cadeau pour vous, mother & son, je vous bisous d'annif!
Ecrit par : Kiki | 31.10.2008
Répondre à ce commentaireLe mois de Santa Cécilia ( la boss des musiciens hein) et du Beaujoli gerbi ne peut pas être un mauvais mois...
Ecrit par : cee | 31.10.2008
Répondre à ce commentaireMille baisers d'anniv' au grand ! ;-)
Et un hénaurme pou toi, té ! :-)
Ecrit par : Sophie K. | 31.10.2008
Répondre à ce commentaireY a des points de suspension plus vulgaires que des mots.
Et se forcer à finir Angot, c'est se forcer à finir la purée froide qu'on n'aimait déjà pas en 6e. A la limite, ça forge le caractère.
Ecrit par : Alan King | 01.11.2008
Répondre à ce commentaireJ'ai pas vraiment lu en vérité
J'ai survolu.
Ecrit par : pbe | 01.11.2008
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