12.05.2011
Installation du Tout-à-l'Ego imminente
Le cancer, c’est vous qui allez finir par m’en coller un Monsieur Wauquiez.
Vous et ceux qui je suppose « pensent tout bas »
Pensent quoi ?
Comme cette fille blonde que j’ai fréquenté longtemps qui m’a sorti un jour « je ne comprends pas comment tu fais pour ne pas t’en sortir avec 1700 euros par mois »
Je ne la fréquente plus
Elle est infréquentable
Comme plein d'autres d'ailleurs .
La même semaine la femme en charge du contentieux chez mon bailleur venait de me dire « c’est chouette que vous perceviez des ARE mais du coup mauvaise nouvelle vous n’êtes plus dans les minima sociaux donc pas de FSL, pas la peine de demander »
Pensent quoi ?
Comme le père de mes enfants, et sa merveilleuse famille catho de gauche « Je ne comprends pas que tu restes dans un appartement aussi cher »
D’où tu t’es barré crétin…
Prix moyen d’un trois pièces dans le privé à Charenton : 1300 euros
Pensent quoi ?
Comme ces dames chez le bailleur (social) qui devant le chèque somptuaire que je leur remettais en Septembre 2010 pour solder ma dette locative faisaient mine de comprendre quand je leur rappelais que ce n’était qu’un pansement sur une jambe de bois, me promettaient un appartement HLM, limite me faisait choisir la rue l’étage la couleur des peintures et pensaient tout bas « on s’en branle du moment qu’elle paye et si elle ne paye plus on la vire…peinardes »
Pensent quoi ?
A quoi pensent ces agents administratifs quand ils bloquent une pension sans préalable
A quoi pense le banquier quand il voit le matin sur son écran ton compte au rouge écarlate
A quoi pensent mes enfants quand je leur dis de rester chez leur père tant que ce n’est pas résolu parce que je ne peux pas les nourrir ?
A quoi je pense quand je vide jour après jour le congélateur et que je me dis qu’au prochain dîner je me ferai le confit de canard offert par l’ami du Sud-Ouest, avec des biscottes, vu le prix de la baguette ?
Je pense tout bas que je me détruis à petit feu
Et c’est intolérable
Je pense tout bas…
Que je vais prendre la fuite
C’est moi qu’on traitera d’irresponsable, de lâche, ce sera moi la mauvaise, celle qui perturbera le merveilleux équilibre néo-familial du père de mes enfants, les gens penseront tout bas, ils penseront ce qu’ils veulent, et moi j’en profiterai enfin, j’irai voir mes amis dans tous les coins de France et de Navarre, passerai quelques frontières aussi,j'irai là où il y a des jardins, des terrasses, des amis tendres, je me soignerai ,enfin, mangerai léger et équilibré, ferait tondre mon chien régulièrement, m’achèterai de la lingerie jolie…
Je payerai le loyer de ma studette, mes impôts, des croquettes de luxe au chien et des vacances à mes enfants
Je n’aurai plus peur surtout
Cette peur effroyable de l’expulsion, cette vision de rafle, cette violence rien qu’à l’idée, je retrouverai le sommeil, je reprendrai des forces…
Je vais me sauver, sauver ma vie mon corps mon âme, finalement le sacrifice permanent me brouille le teint je trouve.Et je suis plus jolie avec le teint frais de pétunia que donne les longues nuit de sommeil paisible et les crèmes faites pour ça mais qui coûtent un voire deux bras ...mouhahahahaha
Merci Boomtown Girl, merci Madman,merci Phedia (souviens toi, une soufflante au téléphone, qui a fait son chemin) merci à ceux qui ne pensent pas tout bas, merci à la confiance revenue aussi.
Pour mes amis, amours, Neveux, Chewys etc:
09:18 | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
13.02.2011
Une femme sous influenza
« Il y a maintenant trois semaines que mon compte en banque est pris en otage/complot mondial/manger des pâtes (jamais !)/Cosette à côté de moi c’est Liliane B./Le préjudice est surtout narcissique, je suis hyper vexée voilà je dois le dire »
Mue par je ne sais quelle soudaine impulsion, style « quitte à faire ce putain de dossier de retraite que j’y comprends rien autant me donner une chance d’y arriver, à la retraite », me voilà un matin frisquet au laboratoire, à jeun (donc humeur de hyène)
Et là c’est le drame, en moi couvait du caramel, et je ne le savais pas.
D’autres bricoles.
Aussi
Hors champ clownesque [blague à part on dit aussi] je me pose cette question « comment on en arrive à ce point de négligence d’oubli de soi » (Point d’interrogation)
J’en ai marre qu’on me dise « prends soin de toi, fais ce que tu juges être bon pour toi » et qu’à chaque fois qu’enfin j’impose ma vision (myope) de ce « qui est bon pour moi », on m’oppose un mur de lamentations teintées de reproches sournois.
Si je pleure je fais du caramel salé donc j'évite
Je n’irai pas comme dans ce film de Cassavetes jusqu’à la folie destructrice HAHAHAHAHAHA!!! (bien que parfois j'avoue je me la jouerais bien fait-divers mais je me retiens)
Je suis lucide
Je « sais »
Et puis j’ai pour moi l’intuition, mon arme suprême. Je me suis enfin réconciliée avec elle, cette salope d’intuition, qui a fait sa timide parfois, au point de me laisser foncer vers l’inconnu, sa feignasse aussi, au point d’oublier de déployer les antennes …
De ma nuit j’observe le ballet incessant des connivences, les abrutis d’hier deviennent les incontournables d’aujourd’hui, l’ennui la peur de la solitude rendent fréquentables d’un coup des boulets assommants, j’observe la gravité piétinée par l’indifférence, l’inculture, le manque d’héroïsme. Et comment dire ...je m'en tape ...
Je disais donc …depuis l’annonce des résultats et la soudaine motivation qui en résulte de ne plus collaborer avec l’ennemi aka LE SUCRE, je me surprends à contourner d’un mouvement ample le pot de Nutella, mettre à la poubelle les quelques orangettes que je me gardais en cas de coup de blues, je me gave de fromages blancs donc j’essaye de me convaincre qu’ils sont DELICIEUX , à tel point que je pousse l’affaire jusqu’au prosélytisme quand une amie vient déjeuner chez moi… (gentiment elle m’a dit « mouiiiche c’est pas mauvais »)
N’allez pas croire chers amis lecteurs et autres voyeurs de ma déchéance annoncée que mon glaucome m’empêche de lire le journal, surtout quand il passe à la télévision le dit "journal"
Simplement quel intérêt pour vous de le commenter, LE JOURNAL, dans les mesure où mes commentaires pour l’heure ça donne quelque chose du genre : « pfff …n’importe quoi …bande de nazes…on se fout de la gueule de qui …etc » (du lourd et du fin quoi) (je sais j’aurais du faire analyseuse politique)
Alerte rouge tout de même : LOOPSI2 (marrant, pour Hadopi on a eu droit à une meute d’internautes des deux bords, pétitionnaires exaltés pro- et anti-, et là ben …c’est mou mou)
De mon cachot (je suis en otage)(comme mon compte en banque), défoncée par des antalgiques non encore dénoncés comme potentiellement mortels (ça ne saurait tarder), je me dis que j’ai de la chance, j’échappe au Mediator (qu'on prescrivait au gros caramélisés)
Ce qui fatalement me fait penser qu’il faut que je fasse réviser mes guitares
Changer de cordes et hop (cadavres exquis) faire soigner ma corde vocale (plus d’aigus, ça m’angoisse, si je dois beugler un jour à cause d’un buzard qui voudrait choper mon sac à main ben ça donnerait un « kouïïïn » ridicule)
A part ça je relisais cette nuit ma bible d’une autre époque (l’époque de l’espoir) : le cinéma selon J.L Godard (je jure sur le Cioran que je me suis convertie depuis) et j’avoue y avoir trouvé un immense plaisir. Vraiment.
C’est tout pour aujourd’hui, c’est pas que je m’ennuie mais le chien veut faire pipi et du coup moi aussi.
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27.01.2011
2011 on fait comme les bonzes (on s'immole sur des BBQ)
Le temps est passé du sombre anniversaire…j’ai laissé filer sans effort aucun, laissé le calendrier chevaucher tous ces chagrins empilés il a fait tout le sale boulot c’est comme la pluie sur une baie vitrée hermétique et l’heure des vautours aussi est passée tout est en ordre
Le monde révolutionne et s’embrase, ici la torpeur assassine, les journalistes écrivent de plus en plus mal, où sont les éditoriaux flamboyants du siècle passé ? Et moi je manifeste seule dans cet appartement que j’occupe encore et toujours « sans droit ni titre » ce qui est effarant.
EFFARANT
Non pas que je manifeste, mais d’être squatteur
J’ai retrouvé enfin l’aube et son silence et par là même le possible d’écrire, j’ai repris l’ouvrage là où on l’avait interrompue, vaste chantier en jachère, friche glaciale, terrain miné
Un fils absent pour six mois, un autre qui se prépare à partir pour un an, une fille qui joue Black Bird et colle des phrases de Dylan sur les murs de sa chambre, veut se déguiser en Dylan pour le Mardi Gras , je suppose que son comparse se grimera en Woodie Guthrie, un vent très doux de liberté qui murmure hang on hang on 'cause the times they
are...
I fought the law
C’est injuste je sais m’a dit cette avocate
Et pourtant c’est la loi
Et je me revois blonde au teint de poupée mimer le passage du peigne dans mes cheveux devant la caméra et dire du haut de mes vingt ans « j’imite Gene Vincent »
06:49 | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
